Partageons les bonnes idées.
Le passage Choiseul regorge d’endroits insolites ; c’est une véritable promenade urbaine à travers le vieux Paris. Le 13 juin dernier, j’ai eu la chance d’assister au vernissage d’une exposition collective, où mon ami Hernán Saavedra exposait, je crois pour la première fois, ses talents de peintre. En face de lui, les photographies de sa fille, Carla Saavedra, qui présentait elle aussi son travail pour la première fois.
Je vous invite à découvrir leurs talents sur les murs de l’espace CINKO.
Hernán Saavedra
Depuis sa jeunesse, la photographie est présente dans l’esprit d’Hernán Nicolás Saavedra González. Très tôt, on lui a mis un appareil photo entre les mains pour qu’il puisse gagner sa vie. C’est ainsi qu’est née une passion qui ne l’a jamais quitté. Le goût et l’amour de l’image, il les doit à son grand-père, José de la Cruz González Gormaz, qui lui a transmis l’exemple et le savoir-vivre.
Encore jeune en 1973, il doit quitter le Chili et arrive en France. Il a dû tout laisser derrière lui : sa terre natale, sa famille, ses amis, son passé. Mais il a conservé ses rêves. En exil, il entame alors une carrière musicale et photographique tout en travaillant. Il met son talent et sa créativité au service de ses idées sociales. Il crée un groupe de musique folklorique chilienne avec lequel il parcourt l’Europe et l’Afrique.
En 1978, il enregistre un 33 tours intitulé **”Trabunche (Terre Chilienne)”**, édité par **Chant du Monde**. Ce disque, son premier, est un témoignage poignant dans lequel il chante et dénonce la dictature militaire. Rempli d’amertume et d’espoir, il y exprime son attachement à la culture latino-américaine.
Quelques années plus tard, marié et père de deux enfants, Hernán ressent l’appel de sa terre natale. Il décide de retourner au Chili, muni de son appareil photo. Il parcourt le désert d’Atacama, au nord, jusqu’au sud de sa patrie, en passant par le port de Valparaíso, Santiago – la capitale –, la Patagonie, la région des Lacs et plusieurs villes de l’intérieur du pays.
Au cours de ce voyage, il réalise plus de 5 000 photographies. Il est captivé par la beauté du désert d’Atacama, par les volcans majestueux qui ponctuent cette longue terre chilienne, par les rochers et les montagnes de Patagonie, criblés de millions d’étoiles la nuit. Une vision merveilleuse et unique. Il revient plus amoureux que jamais de ce qu’il avait été contraint de laisser derrière lui des années auparavant.
Aujourd’hui, Hernán et quelques amis chiliens et euro-latins ont fondé une association de photographes amateurs, afin de partager leur passion commune pour l’image. Paris est le point de départ de cette nouvelle aventure. C’est une ville magnifique, encore plus belle à la nuit tombée, habillée de promesses dans chacun de ses regards. Venez la découvrir !
Moi, je vis toujours en exil.






Carla Saavedra
“Artiste pluridisciplinaire, Carla Saavedra présente pour la première fois son travail photographique dans une exposition où l’image devient récit, sensation, murmure.
Elle nous ouvre ici une des portes de son univers : chaque cliché est un fragment sensible d’une histoire, un instant suspendu, qui invite à ressentir.
Inspirée par le pictorialisme, la peinture, la poésie et le monde du rêve, elle construit ce qu’elle aime appeler des “contes iconographiques” : une narration visuelle libre et intuitive, où les photographies se parlent entre elles et instaurent un dialogue silencieux avec le spectateur. Le flou, la lumière diffuse, les ombres et reflets, les textures douces ou granuleuses créent une atmosphère à la fois éthérée et organique. L’artiste cherche à éveiller les sens, à suggérer des sensations. La photographie devient matière à rêver, où le visuel devient palpable.”














