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Cet extrait provient d’une interview accordée par Adriana Rivas à la chaîne de télévision australienne SBS (Special Broadcasting Service), diffusée en septembre 2013.
L’interview de SBS (2013)
- Le contexte : Adriana Rivas vivait alors en Australie depuis les années 80 et travaillait comme nounou. Elle était recherchée par la justice chilienne pour son rôle présumé dans la “Direction nationale du renseignement” (DINA), la police secrète de Pinochet.
- Les propos : Dans cet extrait précis, elle affirme que la torture était une « nécessité » pour obtenir des informations et « briser » les communistes, comparant ces méthodes à celles utilisées par les nazis ou aux États-Unis. Elle y justifie ouvertement les exactions du régime.
- L’impact : Cette interview a suscité une immense indignation au Chili et en Australie. Elle a relancé avec force les procédures d’extradition, ses aveux publics ayant fragilisé sa défense.
Adriana Rivas va bientôt être extradé depuis l’Australie vers le Chili. Même Le Pen (père) n’avait osé parler de la sorte. En tout cas, bravo à l’indépendance de la justice en Australie, et on verra ce que la justice chilienne va en faire, ou jusqu’où elle ira, maintenant que le président du Chili est un défenseur du régime de Pinochet.
Extrait vidéo vu sur le site El arrebato et ensuite nous avons ajouté la traduction en français.
Le documentaire : “ El pacto de Adriana”.
Le cas d’Adriana Rivas a été porté à l’écran dans le documentaire El pacto de Adriana » (2017), réalisé par sa nièce, Lissette Orozco. Ce film explore la double vie de Rivas : tantôt tante aimée et admirée par sa famille, tantôt ex-agente de la DINA (Direction nationale du renseignement), accusée d’avoir participé à des enlèvements et à des actes de torture sous la dictature de Pinochet.
Présenté en première mondiale au Festival international du film de Berlin (Berlinale 2017), dans la section Panorama Dokumente, le documentaire a remporté le Prix de la Paix, renforçant ainsi sa visibilité dans les cercles du cinéma indépendant et des droits de l’homme. Au Chili, bien qu’il n’existe pas de chiffres officiels sur son audience, le film a été projeté dans des festivals et des cycles de cinéma dédiés aux droits humains et à la mémoire historique, devenant un outil clé pour sensibiliser les nouvelles générations à la lutte contre l’impunité.
Chronologie : De 1973 à l’extradition en 2026
1973–1976 : Les années à la DINA
11 septembre 1973 : Coup d’État au Chili. Adriana Rivas, alors jeune secrétaire bilingue, intègre la DINA, la police secrète de Pinochet.
1974–1976 : Elle devient la secrétaire personnelle de Manuel Contreras, chef de la DINA, et un membre actif de la Brigade Lautaro, responsable d’enlèvements, de tortures et de disparitions de militants communistes. Elle est directement liée à la disparition de sept personnes, dont Reinalda Pereira, enceinte de sept mois.
1978–2010 : Vie en Australie et retour au Chili
1978: Rivas s’installe en Australie avec son mari, où elle mène une vie discrète en tant que nounou et femme de ménage.
2006 : Lors d’un voyage au Chili pour assister à un mariage familial, elle est arrêtée à l’aéroport de Santiago et mise en examen pour son rôle présumé dans les affaires « Conférence I et II ». Elle est libérée sous caution peu après.
2010 : Alors qu’elle est toujours sous le coup d’une enquête judiciaire au Chili, elle quitte le pays de manière irrégulière pour retourner en Australie, où elle vit jusqu’à son arrestation en 2019.
2019–2026 : Procédure d’extradition
2019 : Rivas est arrêtée en Australie à la suite d’une demande d’extradition officielle présentée par le Chili en 2014.
2019–2026 Pendant des années, elle utilise tous les recours juridiques pour éviter son extradition, invoquant des problèmes de santé et des doutes sur les conditions carcérales chiliennes. Malgré cela, les tribunaux australiens confirment à plusieurs reprises son extradition.
2024–2026 : Contexte politique et décision finale
Mars 2024 : José Antonio Kast, président chilien ouvertement sympathisant de l’héritage de Pinochet, prend ses fonctions. Son gouvernement est critiqué par ceux qui craignent un recul dans la poursuite des crimes contre l’humanité.
Avril 2026 : Le juge fédéral australien Michael Lee approuve enfin l’extradition de Rivas, rejetant ses derniers recours. Cette décision est saluée par les familles des victimes, qui espèrent qu’elle réponde de ses actes devant la justice chilienne après près de 50 ans.
L’héritage de la DINA et la mémoire historique
L’extradition d’Adriana Rivas est un symbole de la lutte contre l’impunité au Chili. Son cas, ainsi que le documentaire de Lissette Orozco, ont joué un rôle clé pour maintenir vivante la demande de vérité et de justice, surtout dans un contexte politique où des figures comme Kast cherchent à réécrire le récit de la dictature. Le film ne se contente pas d’exposer le passé de Rivas : il invite la société chilienne à réfléchir sur la complicité, le silence et la responsabilité historique.









