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Une affaire éclate hier sur les réseaux sociaux, qui touche la communauté chilienne en France, et le cercle des ami(e)s français du Chili, depuis ce fatidique 11 septembre 1973.
Ça se passe dans une ville au sud de la France, la ville de Béziers, qui vient de réélire pour la deuxième fois consécutive son maire Robert Ménad, autrefois président de Reporters sans frontières, depuis élu à la tête de la municipalité de cette ville avec l’appui du Front national (déguisé maintenant en Rassemblement national).
Après la cérémonie de la Journée nationale de la Résistance, un buste de Victor Jara a été dévoilé sur la place du 14 juillet, dans l’allée de l’Ukraine Libre * (voir plus bas En savoir plus).
Je pense que le maire Robert Ménard fait une étrange récupération politique de cette affaire, je ne crois pas que ses ami(e)s de l’extrême droite apprécieront son discours, prononcé lors de la cérémonie. En tous cas, il n’est pas à son premier coup d’essai.
Sans cette affaire du buste de Victor Jara, qui nous touche au cœur, on n’aurait peut-être jamais su l’existence de cette allée et de ce qui se passe dans la ville de Béziers.
Je m’interroge aussi sur la participation des artistes aussi bien dans la double page du journal que sur le créateur du buste. Le plus insupportable est le discours de Ménard, s’exprimant comme défenseur des droits humains quand ses décisions* a la tête de la maire de Béziers indiquent le contraire. En tous cas la discussion est ouverte et vous pouvez, si vous le souhaitez, réagir dans la partie commentaire de cette page du blog.
Les réactions
L’association 40 guitares pour Víctor Jara publie un communiqué sur la page Facebook de la mairie de Béziers demandant que la position du maire Robert Ménard, proche de l’extrême droite en France, soit éclaircie.
Les mesures de Robert Ménard à la mairie de Béziers sont contradictoires avec l’idéal de vie de Victor Jara.
L’association des ex-prisonniers politiques du Chili en France donne un avis beaucoup plus militant qui fut publié sur le site web du journal l’Humanité.
Pour essayer d’être les plus complets possible sur cette affaire, vous pouvez consulter la page Facebook de la FEDACH, qui a une position très enthousiaste et se félicite de la mise en valeur du buste de Victor Jara dans l’allée l’Ukraine Libre à Béziers. Sa présidente honoraire a été présente à la cérémonie.
La discussion est ouverte et vous pouvez, si vous le souhaitez, ajouter vos commentaires sur cette page du blog.
Communiqué de l’association 40 guitares pour Victor Jara
L’association d’ex-prisonniers politiques chiliens en France envoie le communiqué suivant:
*En savoir plus
Questions (posées par moi) et réponses (IA Gemini) sur l’allée Ukraine libre à Béziers.
Que sait-on de l’allée « Ukraine libre » à Béziers ?
L’allée de l’Ukraine Libre à Béziers est un espace public porteur d’une double symbolique, à la fois géopolitique, humanitaire et mémorielle.
Voici ce qu’on peut en retenir :
1. Origine et création
L’allée a été officiellement nommée par une délibération du Conseil municipal adoptée à l’unanimité le 27 octobre 2022. Cette décision s’inscrivait dans le cadre du soutien de la ville à l’Ukraine après l’invasion russe, marqué notamment par l’accueil de familles réfugiées, des collectes de matériel et un jumelage officiel entre la Ville de Béziers et la municipalité ukrainienne de Tchortkiv.
2. Emplacement et configuration
L’allée de l’Ukraine Libre correspond à une section aménagée de la Place du 14-Juillet. Elle possède une double centralité dans la vie biterroise :
Un carrefour étudiant et culturel : Elle traverse le secteur universitaire, reliant l’IUT de Béziers et le Centre Du Guesclin (Université Paul-Valéry Montpellier 3).
Un lieu de mémoire (Les Résistants) : C’est précisément dans cette allée que la municipalité a choisi d’installer les bustes de grands résistants, liant la mémoire de la Résistance française face aux totalitarismes du XXe siècle à la lutte contemporaine du peuple ukrainien.
3. Un espace mémoriel vivant
L’allée continue d’évoluer au rythme des commémorations républicaines. Le calendrier municipal y associe régulièrement l’hommage national à Jean Moulin (originaire de Béziers) et la Journée nationale de la Résistance pour y dévoiler de nouveaux bustes de figures historiques de la liberté.
On dit qu’il y a 2 bustes de personnes tuées le 7 octobre par l’attaque du Hamas et aucun buste sur les milliers de personnes tuées en Palestine par l’armée israélienne.
L’installation de ces mémoriaux et les choix politiques de la municipalité de Béziers soulèvent d’importants débats sur la mémoire sélective et la représentation des victimes de conflits.
En mai 2024, le maire Robert Ménard a inauguré sur cette allée un buste en hommage à Aner Shapira, un jeune Israélien de 22 ans tué lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre alors qu’il renvoyait les grenades lancées dans un abri public, sauvant ainsi plusieurs vies.
Cette démarche suscite de vives discussions locales autour de deux visions :
La position de la municipalité : Le choix d’honorer cette figure s’appuie sur une volonté de célébrer un acte d’héroïsme individuel et de résistance face au terrorisme, traçant un parallèle symbolique avec la Résistance française.
Les critiques et l’indignation locale : De nombreuses voix dénoncent une asymétrie mémorielle (un “deux poids, deux mesures”). Le reproche central est que cette commémoration officielle s’effectue au détriment d’une reconnaissance des milliers de victimes civiles palestiniennes tuées par les opérations de l’armée israélienne à Gaza.
Quelles sont les mesures phares (préférence nationale, lutte contre l’immigration) prises pendant les deux mandats de Robert Ménard qui pourraient être en contradiction avec le symbolisme de cet espace public ?
La gestion municipale de Robert Ménard est marquée par une dualité que ses opposants qualifient de contradiction majeure. D’un côté, il déploie un symbolisme universaliste à travers l’allée « Ukraine libre » ; de l’autre, il applique des mesures restrictives locales :
1. La politique d’accueil : Réfugiés ukrainiens vs Migrants d’autres régions
En 2015-2016, lors de la crise des réfugiés syriens, la municipalité s’était fermement opposée à leur installation (affiches chocs “Les migrants arrivent”, déclarations agressives). En 2022, la ville a opéré un virage radical en accueillant chaleureusement les réfugiés ukrainiens. Les détracteurs y voient une solidarité sélective basée sur l’origine.
2. Les tentatives de “Préférence Nationale”
La municipalité a cherché à appliquer la priorité nationale là où la loi le permettait (aides sociales facultatives du CCAS sous critères de résidence). De plus, le maire a refusé à plusieurs reprises de célébrer des mariages au sein de sa mairie lorsqu’il suspectait des régularisations de sans-papiers (notamment un cas médiatisé en 2023 impliquant une personne sous OQTF).
3. La lutte contre l’immigration et mesures de contrôle
On peut citer la tentative de création d’une « Garde biterroise » (milice de citoyens, rapidement interdite par la justice) ou des arrêtés municipaux stricts (couvre-feu pour mineurs, interdiction de suspendre le linge aux fenêtres du centre-ville) perçus comme ciblant indirectement les populations des quartiers populaires issues de l’immigration.
En résumé
Le cœur de la contradiction réside dans la tension entre une célébration internationale des droits de l’homme et de la résistance (sur l’allée) et une politique intérieure locale axée sur le repli identitaire, la préférence nationale et la fermeture migratoire.
Je m’appelle Jorge Orellana Benado, je suis d’origine chilienne. J’ai fondé le blog france-chili.com en 2016 pour partager un peu du quotidien des chiliens aux français.